• Depuis Tresques (Gard), l’entreprise de négoce de Bernard PERRET restée indépendante et familiale élargit régulièrement son positionnement sur l’arc méditerranéen et la Vallée du Rhône. Un négociant conscient que le développement d’une agriculture biologique est résolument en marche. Tout comme l’utilisation de solutions de biocontrôle.

    C'‘est en 1880, à Bagnols -sur-Cèze, dans le nord-est du Gard qu’Antonin CLEMENT, arrière grand-père de Bernard PERRET crée l’entreprise restée depuis familiale. Une autre époque. Depuis, le temps a passé, la société et le métier de négociant ont évolué.

    Tour à tour, Clément, Camille puis Francis PERRET se succèdent à la tête de l’entreprise de négoce restée implantée dans cette vallée de la Cèze, aux confins du Gard et du Vaucluse. De ce temps ancien, celui de Camille PERRET, il ne subsiste au siège de l’entreprise qu’une vieille pancarte de tôle ondulée en lettres  rouge et bleue pour rappeler l’activité de l’époque : « Le commerce de grains, d’engrais et de produits pour la vigne ».

    Il y a trente quatre ans, c’est au tour de Bernard PERRET, l’arrière petit fils d’Antonin, « la quatrième génération » de prendre les rênes de l’entreprise. “En 1985, la société comptait treize salariés et le chiffre d’affaires s’élevait à 4 Millions Euros“ n’a pas oublié Bernard PERRET, “six ans plus tard, on avait déjà multiplié par trois notre chiffre d’affaire (12 M.E.) et créé notre holding, le Groupe Perret, avec le rachat d’OMAG (1991) dans un environnement très concurrentiel et l’accompagnement durant onze ans d’un capital risqueur BNP Paribas Developpement. 

    Aujourd’hui, nous réalisons un C.A. de 175 Millions Euros pour 420 salariés.“ Un sacré défi réussi. Dans ce pays essentiellement de vignes classées en Côtes du Rhône, Villages ou vins de pays d’Oc, les clignotants économiques de l’entreprise sont résolument orientés au vert et sa courbe de croissance ne cesse d’être exponentielle. “On a, en moyenne, augmenté notre chiffre d’affaires de 4 Millions Euros chaque année. C’est le résultat du travail de trois générations avant ma venue dans l’entreprise. C’est mon challenge, il ressemble à un fil conducteur.

    En 1999, trop à l’étroit dans ses murs de l’avenue du Pont à Bagnols-sur-Cèze, le siège de l’entreprise déménage à Tresques, petite commune agricole d’à peine 2.000 habitants, située à une poignée de kilomètres, 6 ou 7, de l’ancien siège historique, sur un site SEVESO d’une superficie de trois hectares. En 2002, le chiffre d’affaires du Groupe Perret avoisine déjà 112 Millions Euros.  BNP Développement vend alors ses parts à Sud Céréales. “C’était une sortie intelligente et ce rapprochement avec la coopérative a été un projet dynamique“ glisse Bernard PERRET.

    En 2014, le négociant lui rachète ses parts (34 %). Son Chiffre d’Affaires a grimpé à 127 M. Euros « après avoir pris un sacré coup de bambou avec la crise viticole et vu son C.A. tomber en 2006 à 90 Millions Euros. » De Valence à la Corse et de Montpellier à Grasse. Aujourd’hui, le Groupe PERRET (175 M.E.) regroupe les Etablissements PERRET (72 M. E.), la SAP RACINE (30,5 M. E.) à Brignolles (Var) dont le chiffre d’affaires dépasse pour la première fois de son histoire 30 Millions Euros, la SAS PRODIA (9 M.E.) située à Sainte- Tulle, près de Manosque (04) et la SAP OMAG (39,8 M.E.) sur la Vallée de la Durance. Le Groupe PERRET couvre sur l’arc méditerranéen un grand triangle compris entre l’Hérault et Montpellier jusqu’aux Alpes Maritimes et Grasse pour monter dans la Vallée du Rhône jusqu’à Vienne et descendre, il y a maintenant presque six ans, jusqu’en Corse avec la société Pascal Ceccaldi devenue Corse Agronomie Préconisation (C.A.P). “Notre venue en Corse est une belle aventure“ se réjouit Bernard PERRET “on a multiplié notre chiffre d’affaires par sept en sept ans pour atteindre 7 Millions Euros.“ 

    Le Groupe PERRET est en France le plus gros négociant privé en agrofourniture derrière le Groupe SOUFFLET. Pour l’essentiel, il s’agit globalement de vignes (55%), mais aussi d’arboriculture (12%) avec la pomme, la poire, la pêche, l’abricot et un peu de cerises, du maraîchage (12%), des grandes cultures (10%) et une activité d’espaces verts (6%). De l’agrofourniture pour 150 Millions Euros. “En France, on est le plus gros négociant en agrofourniture derrière le groupe Soufflet, sixième en intégrant les coopératives. C’est flatteur, mais j’arriverai à 200 Millions Euros, escompte bien Bernard PERRET, après, la croissance externe se fait plus rare et les marchés sont matures.“ Cela ne l’a pas empêché, il y a peu, « de racheter dans le département de l’Isère les Ets POUILLON à Salaise-sur-Sanne spécialisés dans le négoce de produits phytosanitaires (4,5 M.E.) ». Aux côtés de l’agrofourniture, il y a la collecte. Du blé dur (40.000 tonnes), mais aussi du riz (6.000 tonnes), du tournesol, du maïs et du blé tendre pour une production globale comprise entre 55 et 70.000 tonnes selon les exercices et un chiffre d’affaires qui oscille autour de 12 Millions Euros. 

    Il y a aussi avec CHABAS (6M.E.), la fabrication de matériel de pulvérisation et de travail du sol et avec VISEA (4,5M.E.) la vente de matériels de cave. Sa création à Charleval, à une trentaine de kilomètres d’Aix-en-Provence remonte maintenant à six ans. A tout cela, il faut ajouter l’Irrigation: 15 Millions Euros entre croissance externe répartie entre Aquadoc à Saint- Thibéry, JLB à Lézignan Corbières, Distribution Provençale à Graveson et la création de LPSO à Lavaur, une enclave toulousaine.

    “Volontairement, j’ai conservé leur entité juridique, c’est un métier spécifique dont le fonctionnement est différent de celui de négociant. Ils ne sont pas fondus dans la masse et affichent un bilan d’exploitation propre.“ “A 60 ans, mon périmètre s’est élargi“ poursuit Bernard Perret également à la tête de 150 hectares de vignes (du vrac pour le négoce et, depuis 2010, 360.000 bouteilles de Côtes du Rhône et Village Laudun). “Je découvre des métiers nouveaux, mais toutes mes entreprises sont restées familiales.“

    Agenda souvent plein, il avoue d’ailleurs ne pas trouver « le temps de se retourner, ni d’ailleurs de savourer ». Cela n’empêche pas son  groupe de cultiver ses spécificités. “J’ai 180 salariés qui sont actionnaires du groupe PERRET“ se félicite le patron ...